Bellmer / Buron : la Poupée est devenue humaine
Dans son étrange laboratoire, Hans Bellmer fourmillait d'idées et de visions. Sans relâche, il dessinait tout, couchant sur papier ses fantasmes et fantasmagories les plus sombres, articulant et désarticulant à l'infini les corps des femmes qui lui apparaissaient sans cesse. Certainement qu'une nuit, au détour d'un rêve, ou plus sûrement au moment où deux songes se sont télescopés, s'est avancée vers lui, dans toute sa lumineuse beauté et sa nudité d’effrontée, la Poupée qu'il s’ingéniera, pendant les quarante années suivantes, à monter et démonter à l'envie. Toute la psychanalyse du monde pourra noircir des pages et des pages sur les symboles et les représentations de sa poupée, ce qu'elle dit des rapports de Bellmer aux femmes, aux mères, aux maîtresses, ce n'est pas, ici, notre propos. Restons au stade premier de la vue, puis au stade deuxième du ressenti. Voici l’œuvre : La poupée implorante est devenue forme monstrueuse...